12 mars 2007

Lost in orientation # 4

Résumé de l'épisode précédent : la licence banque assurance m'enchantait autant que d'aller au bagne, mais la voie journalistique me semblait un peu bouchée.

Aujourd'hui la licence banque assurance ne m'attire pas plus mais elle a pourtant un avantage non négligeable : l'argent. Comme c'est une licence pro je travaillerai en alternance et donc je serai payée. Et là je pourrai commencer à imaginer toutes les merveilleuses choses que je pourrai m'acheter, car comme je vis chez mes parents, j'ai zéro facture à payer. Mais encore faut-il que je sois prise et avec une 2e année de redoubler et 9 de moyenne générale au 1er semestre c'est pas gagné ! J'ai envoyé des CV et des lettres de motivation à toutes les banques partenaires de la fac afin d'obtenir un entretien. Je ne leur demande pas de m'embaucher, juste de ma retenir dans la liste des candidats à la licence pro. Je ne sais absolument pas ce que je vais bien ppouvoir leur dire. Je ne sais pas me vendre, je me sous estime. je doute de tout. Passer un entretien me fait penser à l'oral du bac. Je redoute la question :"Qu'est ce qui vous attire dans les métiers de la banque ?". Rien. Ma seule motivation est l'argent. Pour l'instant, sur 9 banques contactées, j'ai reçu trois réponses : deux négatives et une positive. Je suis convoquée le 19 pour une série de test psychotechniques. Quand j'ai lu ce mot "psychotechnique" je le suis vue allongée sur une table, reliée à des machines avec des électrodes collées au cerveau. En fait non. J'ai cherché sur Google ce que pouvaient bien être des tests psychotechniques (c'est le côté technique qui m'angoisse un peu). Ce sont des tests de logique avec des suites de lettres et de formes géométriques à compléter. Je me suis entrainée. Pas brillant ! J'ai eu l'impression d'être dénuée de toute logique. Il existe également des tests plus sadiques avec des épreuves de calcul mental. Si j'ai ça je suis mal. La dernière fois que j'a fait du calcul mental remonte au CM2. Les tests dureront 3 heures. C'est quand même très long. Si vous avez déjà passé ce genre de test je veux bien quelques renseignements.

Et puis samedi une nouvelle option est apparue. J'étais en train de chercher des tests psychotechniques sur Google quand je suis arrivée sur le site de la banque de France et de fil en aiguille je suis tombée sur la page recrutement, rédacteur externe. Les rédacteurs externes rédigent le bulletin de la banque de France, un truc très obscur pour qui ne s'y connait pas. Mon prof de monnaie adorait nous envoyer le bulletin de la banque de France par mail dans l'espoir un peu fou qu'on le lise. Pour devenir rédacteur il faut passer un concours. Et là surprise :

  • il suffit d'avoir un Deug (Bac + 2) pour être candidat
  • on a le choix entre 3 épreuves droit, compta ou maths en plus des épreuves principales (anglais et culture générale)
  • l'épreuve de maths n'est pas compliquée
  • l'épreuve de maths est très faisable par moi
  • le taux de réussite au niveau du Deug est plutôt bon
  • le salaire est assez incroyable pour un premier emploi à 21 ans
  • tout ça se passe à Paris ce qui veut dire que je quitte la maison et j'ai un début d'indépendance

Mais : le concours ayant lieu en mars je ne pourrai pas le passer avant l'année prochaine, en attendant il faut bien que je fasse quelque chose, pour l'instant je n'ai toujours pas mon deug, ma meilleure note en monnaie c'est quand même 4/20, j'espère qu'ils ne sont pas trop regardants sur les relevés de notes.

En cas d'échec total à toutes ces possibilités, je change radicalement d'orientation pour me lancer dans une fac d'anglais. J'ai toujours aimé l'anglais. Toute ma scolarité j'ai eu 15 de moyenne sans faire d'effort mais je n'ai jamais su si le niveau du collège, du lycée et de la fac était mauvais ou bien si j'avais vraiment des facilités. Et là je n'ai pas le droit à l'erreur. Je dois réussir du premier coup. Il a déjà fallu que je ravale mon orgueil pour envisager la possibilité de retourner en 1ère année. Si je me plante à nouveau c'est la dépression nerveuse qui me guette. Mais l'autre problème c'est qu'avec une fac d'anglais, à part prof je ne vois pas bien ce qu'on peut faire d'autre. Je ne sais pas si je suis faite pour l'enseignement.

Donc voilà où j'en suis, toujours nulle part ou à peu près.

06 février 2007

Lost in orientation #3

Les périodes de doute se rapprochent.

Ce matin, rendez vous avec un prof pour discuter de mon avenir et de la licence pro banque assurance. Et retour du coup de flippe, de l'envie de partir en courant. La licence professionnelle banque assurance... orientation très commerciale dixit mon cher prof. En d'autres termes on tente de refiler des assurances vie et des PEL au premier pigeon client qui passe. Il m'a ensuite demandé si j'avais des activités en dehors de la fac : "Vous faites partie d'une association, vous faites, du sport ?" "Oui je fais de la danse et je suis présidente de l'association des étudiantes désespérées qui voient arriver leur avenir et le St Valentin avec angoisse . " "Et vous ne gardez pas des enfants ?" " Euh non ... pourquoi tu veux m'engager comme baby sitter ?! J'aime pas les enfants, ça crie, ça pleure, et ça bouge tout le temps, c'est l'enfer ! ". Sur ces bonnes paroles il m'a conseillée de prendre un dossier d'inscription et un rendez vous dans une banque. Et je suis rentrée chez moi avec cette affreuse impression de naviguer dans le brouillard. Je ne sais pas où je vais mais je suis bien obligée d'y aller.

13 janvier 2007

Lost in orientation #2

J'aimerais bosser dans un magazine (mode, ciné, musique, culture...). Doit-on obligatoirement passer par la case école de journalisme ? 

Période down. C'est cyclique. Je dois faire un choix, ça me déprime, ça me fait peur.

La situation : je redouble ma 2e année d'économie. Je n'ai que 8h de cours par semaine alors je suis allée voir ce qui passait en 3e année. Et là, grosse trouille ! J'avais prévu de changer un peu d'orientation, de passer d'économie gestion à administration économique et sociale. Ce n'est pas un changement radical, les deux filières sont très proches et les cours sont dans la même fac. Je me suis donc rendue à un cours de finances locales. Et le prof m'a plombé le moral pour le week end ! Il a commencé par nous parler de la licence administration et gestion territoriale, ce que je prévois de faire l'année prochaine. Cette licence permet de passer les concours de la fonction publique. Oui mais... Selon lui la fac ne nous prépare absolument pas à ce genre de concours administratif. Il est préférable de continuer en master jusqu'à Bac+5. Ma seule ambition professionnelle étant de me barrer le plus vite possible de cette université de malheur, ça partait très mal. Ensuite il nous a expliqué que l'on pouvait être reçu à un concours mais ne pas trouver de  travail car aucune collectivité territoriale ne voudrait de nous. Et enfin on peut obtenir un concours et un poste mais pas celui qu'on désirait le plus et dans une région pas franchement attirante. En résumé on a des chances de croupir au fin fond du Nord Pas de Calais dans un job qu'on déteste. A ce moment je n'ai eu qu'une envie, partir en courant très très loin de cet endroit. J'ai revu dans ma tête la fin de L'auberge espagnole, lorsque Romain Duris s'enfuit de la banque dans laquelle où il a obtenu un travail. Il sait au fond de lui qu'il n'est pas fait pour cette petite vie bien rangée et atrocement déprimante. J'étais exactement dans la même situation. Je me voyais dans un bureau, derrière un ordinateur et des piles de paperasse, au bord de la dépression. Une vie moche et fadasse. Je ne veux pas de ça. Je veux faire ce que j'aime, je veux un métier qui me passionne, je ne veux plus m'ennuyer. Mais là, problème. Qu'est ce que j'aime ? Rien, comme me répète ma mère, tu ne t'intéresses à rien ! Elle me motive, ma mère ! Elle me répète qu'un boulot tranquille avec un salaire fixe, c'est bien aussi, surtout en cette période. C'est vrai, elle n'a pas tort mais je ne veux pas finir comme ça. Je suis sans doute idéaliste. La vraie vie et ses vrais problèmes je n'y ai pas encore été confrontée. Moi ce que j'aime, c'est écrire, parler, rencontrer des gens, découvrir de nouvelles choses, de nouveaux endroits, de nouvelles personnes. J'aime la culture, je pourrais passer des jours au Louvre, à Orsay. Je peux m'aligner cinq films dans la journée, dévorer une pile de romans. Mais je n'aime pas l'économie, les collectivités locales et l'administration publique. Pourtant il me faut cette licence si je ne veux pas finir vendeuse chez H&M, parce que je suis une très mauvaise vendeuse. Alors hier, après mon coup de blues j'ai foncé au salon de l'étudiant, j'y suis restée un quart d'heure (record mondial!) et j'ai sauté sur le gars du stand Ouest France. Il me faut un stage, il faut que j'arrête d'idéaliser le métier de journaliste, je dois faire face à la réalité du terrain. Je vais peut être adorer, je vais peut être détester (je déteste déjà le critique ciné de Ouest France qui se prend pour un grand journaliste snob de Télérama et qui déteste tous les films qu'il voit). Je repars sur ma grande idée de "je veux être journaliste". Ca plait à tout le monde, ça fait rêver ma famille, ma mère un peu moins. Normal, c'est un secteur en  crise.

Et je pose une question aux lecteurs de passage et aux réguliers : je sais qu'il y a un paquet de rédactrices mode qui peuplent la blogosphère. Alors voilà, qu'avez vous fait pour obtenir ce boulot ? I need your help !

09 octobre 2006

Lost in orientation

Le retour du coup de blues.

Comme j’ai moins d’heures de cours, j’ai plus de temps pour réfléchir, gamberger et me poser trop de questions. Plus j’avance, plus je déteste mes études d’économie. Le problème c’est que je suis à mi chemin de ma licence. Et là c’est le dilemme. Soit je m’enfonce un peu plus dans l’économie au risque de couler et de me jeter par la fenêtre, mais j’aurai un diplôme. Soit j’arrête tout et je repars à zéro, c'est-à-dire retour en 1ère année à 21 ans, ce dont j’ai moyennement envie. Me retrouver avec des petits jeunes nés après la chute du mur de Berlin me fait flipper. Alors que je ne devrais pas puisque pour le commun des mortels j’ai l’air d’avoir 15 ans.

Le problème principal est mon non projet d’orientation. Je ne sais pas quoi faire de ma vie. Au lycée tout allait bien, l’objectif était le bac. Mais après… J’ai bien eu l’envie de devenir journaliste, mais les études longues non merci. Et depuis que j’ai un blog mon nouveau truc c’est de le customiser. Je commence à me débrouiller en langage html. Alors je me dis que l’informatique pourquoi pas…

Pffff … que faire ?...

12 septembre 2006

Friends

Je ne suis pas en manque d’amis. J‘ai des amis de lycée, qui habitent à côté de chez moi mais que je ne vois plus que sur msn, des amis de fac, qui habitent pleine campagne et qui viennent en ville tous les 36 du mois, une amie d’enfance, que je vois une fois par mois depuis bientôt 19 ans. Je relis ce que je viens d’écrire. Je ne suis pas seule au monde contrairement à ce que laissent supposer ces quelques lignes. Mais la place de meilleure amie est vacante depuis quelques temps. Depuis un an et demi. Dans toute ma vie j’ai eu trois meilleures amies, perdues au fil des ans.

Tout d’abord à l’école primaire. Ce premier jour d’école, en moyenne section de maternelle. Moi en larmes, morte de peur à l’idée d’affronter ces visages inconnus, de me séparer de ma mère pour la matinée. Je suis restée collée à l’institutrice pendant presque la journée entière. Et puis elle est arrivée, Amélie, elle m’a proposée de jouer avec elle, elle m’a rassurée et on ne s’est pas quitté pendant les 7 années suivantes.

Puis le collège. Elle part dans le privé, moi dans le public. De nouveaux des visages inconnus, à part quelques connaissances de l’école primaire. De nouveau tout à refaire. Et une nouvelle venue, Elise. Plus délurée, plus indépendante, plus folle. Mes parents ne l’appréciaient guère. Mauvaise fréquentation selon eux. Mais je ne me suis jamais autant amusée. Avec elle j’osais tout. Je transgressais les interdits, l’adolescence s’annonçait rock’n roll. Jusqu’à ce que la limite soit franchie. Je sèche une heure de perm (même pas de cours !). La sanction tombe : une heure de colle un mercredi après midi, peut être le meilleur de ma vie, étant collée avec mes copines. Mes parents sont furieux. Je prends le savon de ma vie. Leur petite fille chérie leur échappe. Il faut prendre des mesures. L’année suivante ils n’envoient dans le privé. Elise s’éloigne. De nouveau des visages inconnus mais pas seulement. Je retrouve quelques connaissances de l’école primaire et je retrouve Amélie. Mais elle a changé. J’ai 13 ans, je suis en 4e. A cet âge tout se joue. On devient une garce ou pas. Mais parents ont agi à temps de ce côté-là. Mais Amélie n’est plus la même. Je n’aime pas ses amies. Je n’aime pas ce collège. Je n’aime pas cette ambiance. Collège très privé. Mon éducation religieuse se résumant à rien je suis mal vue. Quoi tu n’es pas baptisée ? Tu ne vas jamais à la messe ? Tu n’es pas scout ? Je m’ennuie dans ce couvent. Je ne pense qu’à une chose, la fin de la 3e, partir au lycée, fuir.

Et comme tout a une fin j’arrive au lycée. De nouveau des visages inconnus, pas de connaissances du collège ou de l’école primaire. Je dois m’intégrer à des groupes déjà formés. Les débuts sont difficiles mais je fini par la découvrir, là, tout près, assise à côté de moi en cours de latin. Claire. Elle et moi-même combat. Nous nous comprenons d’un simple regard. Un haussement de sourcils, un clignement d’œil et le fou rire nous prend. Nous sommes identiques. Jamais une personne n’a autant été sur la même longueur d’onde que moi. Nous aimons les mêmes choses, nous partageons tout.

Puis la fac. Elle part du côté des matières littéraires, moi plus scientifiques. Nous nous voyons moins. Nous n’avons plus les mêmes préoccupations. Elle se cherche, cherche sa voie, sa vocation, doute. Moi je ne vois que ma licence comme le sésame de ma liberté. Je travaille. Elle sort. Elle a moins de travail, moins de pression. Nous n’avons plus les mêmes amis. La rupture arrive en février, sans prévenir, sournoise. Claire m’annonce tout de go que je suis passive. Puis plus rien. Pas de nouvelle ni d’explication pendant trois semaines. Je lui envoie trois textos. Rien. Elle m’envoie un mail obscur. Je n’y comprends rien. Je suis furieuse. Je lui réponds en la maudissant sur trois générations. Je lui dis poliment d’aller se faire voir. Fin de l’histoire. Parfois nous nous croisons en ville mais nous prenons un soin tout particulier pour nous éviter.

Elle me manque mais jamais je ne pourrais accepter que tout redevienne comme avant. Depuis j’ai de nouveaux amis. Mais point de meilleure amie. Bien sûr il y en une qui sort du lot, Alice,  que je vois plus souvent que les autres. Mais plus j'y réfléchis moins je nous trouve de points communs. Nous avons des goûts diamétralement opposés en matière de cinéma et de musique, nous ne venons pas du même milieu social, nous n'avons pas reçu la même éducation, nous ne vivons pas dans le même environnement (elle à la campagne, moi en ville). Le seul réel point commun est que nous sommes toutes deux filles uniques, statut si particulier. Mais ça s'arrête là.

Et cette année Alice est partie à Paris. Je change de promo mais je retrouve des copines. Je sens que ces deux prochaines années vont être compliquées. Je vais naviguer de promo en promo. Difficile d'établir des contacts, de se fixer. Je n'ai qu'une envie, finir ces fichues études. Tout changer, quitter mes parents, être indépendante, vivre ma vie sans avoir de compte à rendre à personne.